Hunt for the Skinwalker ranch - un défi à l'hypothèse extra-terrestre

par Gildas Bourdais (conférence donnée en Irlande en septembre 2006)

Photographies et textes Gildas Bourdais ©

 


Introduction : un livre important et provocant

 

Le but de cette conférence est de présenter et discuter un livre important et provocant, publié à la fin de 2005, sous un titre curieux : « Chasse au Skinwalker » (Hunt for the Skinwalker : je vais expliquer ce titre plus loin). Le sous-titre est plus explicite : « La science est confrontée à l’inexpliqué dans un ranch isolé de l’Utah » (Science Confronts the Unexplained at a Remote Ranch in Utah). Il a été écrit par un biologiste, le Dr Colm Kelleher (PhD), et un journaliste, George Knapp, bien connu pour ses enquêtes sur les ovnis.  Kelleher est docteur en  biochimie de l’université de Dublin.

 

 

En quelques mots, Colm Kelleher et George Knapp révèlent enfin, en détail, les nombreux phénomènes étranges qui se sont produits sur un ranch dans l’Utah, allant de lumières bizarres à des phénomènes de « poltergeist » dans la maison, à des apparitions fantomatiques et des mutilations animales. Ces événements ont été étudiés discrètement, presque secrètement, pendant plusieurs années par une équipe scientifique de NIDS sous la direction du Dr Kelleher. NIDS signifie « National Institute for Discovery Science ». C’est une organisation privée, fondée en 1995 par un riche homme d’affaires de Las Vegas, Robert Bigelow, qui s’intéressait aux ovnis et phénomènes connexes. Bien que NIDS soit une organisation purement privée, il est connu qu’elle a quelques relations de travail avec des services gouvernementaux, si bien que tout ce que NIDS a dit ou publié a été écouté avec beaucoup d’attention. Et, bien que Kelleher et Knapp soulignent qu’ils sont des auteurs indépendants (Kelleher ne travaille plus pour NIDS), leur livre constitue en quelque sorte le compte-rendu de NIDS sur ces événements étranges. Ajoutons que, après une décennie d’études actives de NIDS sur les ovnis et autres sujets liés, tels que les mutilations de bétail et les enlèvements, Robert Bigelow a apparemment arrêté les enquêtes sur les ovnis et s’est tourné vers des projets spatiaux, en relation avec la NASA, tout en conservant le site web de NIDS ouvert, avec quelques rapports très intéressants.

Site web : http://www.nidsci.org/index2.html

 

Dans leur livre, Colm Kelleher et George Knapp disent comment l’équipe de NIDS et le comité scientifique de NIDS ont discuté des explications possibles de ces étranges événements, incluant des théories « paranormales », même les plus ésotériques, comme nous allons le voir. Ce qui relie l’histoire aux ovnis est le fait que de nombreuses observations ont été faites de globes lumineux et d’objets volants silencieux, incluant des formes typiques d’ovnis. Mais ils apparaissaient et disparaissaient de manière très étrange, un aspect qui ouvre la porte à la question des phénomènes paranormaux. Un autre lien est que toute la région, le bassin Uintah dans l’Utah, est, selon leurs propres termes, « un prétendant poids lourd au titre de capitale mondiale des ovnis ». Depuis les années cinquante, des milliers d’observations d’ovnis ont été rapportées dans cette zone, et il est estimé que la moitié des résidents ont vu des objets anormaux dans le ciel.

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Au cœur du débat se trouve la question de la nature des ovnis, qui est débattue depuis longtemps. Dans le livre Hunt for the Skinwalker, la classique « Hypothèse Extraterrestre » est mise en doute par les auteurs, non seulement comme explication pour les événements au ranch mais, par extension, pour les ovnis et phénomènes liés en général. Ils comparent les événements observés au ranch de l’Utah avec des événements semblables qui se sont produits dans d’autres lieux , tels qu’un ranch dans le Colorado, et dans la région de Dulce au Nouveau-Mexique. Ils les comparent aussi avec des légendes indiennes , telles que des entités ou êtres surnaturels appelés  tricksters  (« joueurs de mauvais tours ») et skinwalkers , qui ont la réputation d’être malveillants. Le chapitre cinq tout entier, intitulé «La malédiction »

(The Curse), est consacré à ces légendes, expliquant ainsi le titre curieux du livre. Nous apprenons que le ranch a une mauvaise réputation parmi les Indiens Ute de la région. Un chercheur local, du nom de Hicks, leur a dit qu’ils « ont des histoires sur cet endroit qui remontent à quinze générations ». Ils disent que le ranch est « sur le chemin du skinwalker » (p. 16). La légende des skinwalkers est présente chez plusieurs tribus indiennes du Sud-Ouest américains, telles que les Navajos, les Hopis et les Utes. Pour eux, c’est un sorcier malveillant capable de se transformer en loup, en coyotte, en ours, en oiseau, ou tout autre animal » (p. 35). Le skinwalker serait , non seulement ce que nous appelons aujourd’hui, un shape-shifter (un être capable de changer de forme), mais il serait aussi capable d’exercer un contrôle mental et d’accomplir d’autres mauvais tours.

A la fin du livre, les auteurs semblent être en faveur d’un point de vue plutôt ésotérique, se référant notamment aux idées de Jacques Vallée (qui est membre du comité scientifique de NIDS), comme une explication valable pour le domaine global de l’ufologie. Eh bien, sans dénier les aspects « paranormaux » de leur histoire, je suis en désaccord avec cette explication globale et je propose de la discuter dans cet article. Mais commençons par le commencement de l’histoire : les événements étranges qui se sont produits sur ce ranch de l’Utah.

 

 

I – Différents  phénomènes étranges

 

 1)  Les incidents effrayants subis par le fermier et sa famille, de 1994 à 1996

 

Vers la fin de 1994, la famille Gorman, Tom, Ellen et leurs enfants (pseudonymes), achète le ranch pour y élever du bétail, et s’y installe. Il est inoccupé, depuis plusieurs années bien que ce soit une bonne terre pour le bétail. Ils sont surpris d’y trouver de lourdes serrures sur toutes les portes et les fenêtre lors de leur installation.

A bout de quelques mois, ils commencent à voir des boules lumineuses de diverses couleurs, blanches, jaunes et bleues, se déplaçant autour du bétail et de leur maison. Ils observent souvent des « orbes » de la taille d’une balle de baseball de couleur bleue brillante, « remplies d’un liquide tourbillonnant, chargé électriquement » (p. 142), qui font baisser les lumières quand elles passent près de la maison. Ils observent aussi des nuages étranges « remplis de lumières qui explosent silencieusement ».

 

Voici maintenant l’un des principaux aspects de l’histoire. Plusieurs animaux disparaissent sans traces. D’autres sont découverts morts, mutilés. En tout, Gorman va perdre 14 bêtes sur un total de 80 animaux (p. 90), une sévère perte financière. Cela va être l’un des principaux sujets d’étude de NIDS.

 

Un jour, se produit un incident effrayant. Un énorme « loup », en fait bien plus gros qu’un loup, s’approche d’eux en traversant tranquillement le terrain. Une fois arrivé tout près d’eux, il attaque soudain un veau. Ils tirent dessus mais il est très difficile de l’arrêter, même avec un fusil puissant. Bien qu’il soit touché de plusieurs balles, suffisantes pour tuer un élan, il s’en va juste tranquillement et disparaît dans les bois. Ils suivent les traces de l’animal, dans la boue près d’une rivière, mais elles s’arrêtent soudainement. Cela semble être un événement irréel, mais ils sont certains d’avoir blessé sévèrement un animal réel, qui a même perdu un morceau de chair, tombé sur le sol.

 

Ils font l’expérience d’activités de « poltergeist » dans leur maison : des portes claquent, des objets disparaissent et sont retrouvés ensuite en un autre endroit. Certains incidents ressemblent à de mauvais tours. Par exemple, ils trouvent le poivre dans la salière et vice-versa. Une autre fois, Ellen Gorman retrouve sur la table de la cuisine les provisions qu’elle avait rangées soigneusement dans les placards. Quelque fois, ils entendent des voix riant et se moquant d’eux dans un langage inconnu.

 

Objets ressemblant à des ovnis

Tom et Ellen Gorman ont « rapporté des observations d’un appareil triangulaire, se déplaçant silencieusement, dont la structure noire projetait des lumières multicolores » (p. 141). Gorman a vu aussi « une version silencieuse, miniature, de l’avion F-117 », se déplaçant lentement à moins de 20 pieds du sol (env. 7 m). Un autre soir, sa femme Ellen Gorman, revenant à la maison en voiture,  « se retrouve sous l’ombre d’un  énorme engin triangulaire noir » qui avance en même temps qu’elle à 10 m au dessus de la voiture.

 

De tels engins silencieux, de type ovni, ont été observés dans les environs. L’un de leurs voisins, Gonsalez, a observé un ovni en forme de chapeau mexicain. Une autre fois, il a vu un disque argenté qui a semblé « être absorbé par la corniche » (p. 140). C’est une observation intéressante qui suggère le passage de l’ovni dans une « autre dimension ».

 

Plusieurs fois, les Gorman ont vu des créatures fantomatiques, comme le légendaire « bigfoot », aussi appelé « sasquatch » par les Indiens, rôdant sur leur propriété. Ils entendent aussi des grognements sinistres,  sentent des odeurs de musc nauséabondes, et ils voient en même temps des objets volants silencieux « ressemblant à un réfrigérateur », planant aux alentours, provoquant la panique dans le bétail, et disparaissant soudainement. Ils semblent analogues aux « chupas » qui ont attaqué des populations isolées dans le Nord-Est du Brésil.

 

L’un des événements les plus impressionnants et préoccupants a été la découverte de quatre gros taureaux, pesant chacun plus de mille kilos, enfermés, endormis, à l’intérieur d’une remorque qui n’avait pas servi depuis des années. Lorsqu’ils se sont réveillés, les taureaux ont dévasté l’intérieur et ça a été un travail de fou pour arriver à les sortir de là.

La « fenêtre »

Le chapitre 8 du livre , intitulé « La fenêtre », révèle une série d’observations exceptionnelles, qui pourraient bien être au centre de toute l’histoire : l’apparition d’une sorte de « fenêtre » circulaire, flottant dans le ciel. Citons exactement les premières lignes du chapitre :

« De toutes les choses extraordinaires qui se sont produites sur le ranch Gorman, la plus courante impliquait les étranges structures orange, irréelles, qui apparaissaient dans le ciel à l’ouest. Tous les membres de la famille ont vu ces structures des dizaines de fois. Elles apparaissaient dans le ciel et semblaient planer à faible altitude au dessus des cotonniers,  à environ un km et demi. »

Ils l’observent, après la tombée de la nuit, toujours à peu près au même endroit.  Une nuit, Tom Gorman aperçoit, à l’intérieur du cercle, ce qui lui semble être « un autre ciel » : « A travers ses jumelles, il vit distinctement un ciel bleu. Cette nuit-là, l’objet orange apparaissait comme s’il était une fenêtre vers un autre lieu où il faisait encore jour. » (p.63)

 

Un autre point important est que, une nuit, Gorman voit un objet noir se déplaçant rapidement, et grossissant rapidement au centre de la fenêtre orange. Il semble sortir du « trou » dans le ciel, et s’enfonce rapidement dans la nuit. Cela le convainc qu’il y a une sorte de « porte dimensionnelle », à travers laquelle des objets peuvent entrer et sortir de notre réalité. C’est une idée centrale de toute l’histoire, sur laquelle je vais revenir plus loin.

 

Voici un autre incident qui donne nettement l’impression d’une manipulation hostile de la part de ceux, quels qu’ils soient, qui sont derrière tout cela et tirent les ficelles. En juin 1996, des rumeurs commençaient déjà à se répandre sur d’étranges événements ayant lieu sur la ferme, et un visiteur vint pour s’informer. C’était un homme grand et tranquille, et il de livra à une sorte de méditation au milieu d’un champ, les yeux fermés et les bras levés. Soudain, quelque chose se déplaça rapidement dans le bois voisin. Tom Gorman, qui était là, ne put en distinguer clairement la forme  sauf que c’était gros. Une forme floue sortit du bois et fonça vers l’homme, s’arrêta pile devant lui et «laissa échapper un rugissement animal du fond de la gorge » , ressemblant à moitié à celui d’un ours, à moitié à celui d’un lion. L’étranger fut terrifié et commença à crier de manière hystérique. Il quitta la propriété dans un état de panique et n’y remit jamais les pieds.

 

Au cours de l’été 1996, Tom Gorman et sa famille atteignent un point de rupture. Un jour, Tom voit ses trois « chiens de garde favoris » partir à la poursuite d’une orbe bleue, « de la taille d’une balle de baseball ». Ils la poursuivent dans un bois proche, Gorman les entend hurler, puis n’entend plus rien. Effrayé, il attend le matin pour aller voir, et les trouve complètement brûlés, incinérés. A ce point,  les Gorman sont si choqués et terrorisés qu’ils décident de vendre le ranch. NIDS achète la propriété en août 1996 et décide de lancer là une étude scientifique. La famille Gorman déménage à 40 km (25 milles) de là, mais Tom accepte de venir tous les jours pour s’occuper du ranch et du troupeau, et pour aider l’équipe de NIDS.

 

 

2) Les incidents observés en présence de l’équipe de NIDS

 

De la fin de 1996 à l’été 2004, une équipe de NIDS menée par le Dr Colm Kelleher, biochimiste, installe et opère un laboratoire permanent, doté de différents matériels. Leur but est de collecter des données dans les domaines électromagnétique et magnétique, et de toutes lumières de type ovni dans le spectre visible et UV. Ils ont des équipements portables, comprenant un dispositif d’acquisition de lumière avec des lentilles de Fresnel, un spectromètre relié à un ordinateur portable, des jumelles de vision nocturne, des caméras vidéos adaptées pour la vision nocturne, des analyseurs de fréquence radio, des détecteurs de micro-ondes, etc. (p. 100).

 

Ils vont observer de nombreux incidents, mais n’arriveront pas à en faire des enregistrements décisifs, à l’exception des mutilations de bétail. Dès 1997, est publié un article indépendant dans le UFO Magazine américain (Janvier-février, signé par le journaliste Zack Van Eyck),  mais l’équipe de NIDS reste très discrète. Ils publient bien des informations sur le site web de NIDS, en particulier sur le cas de mutilation de mars 1997, mais ce n’est qu’en 2002 qu’ils invitent le journaliste George Knapp à venir sur le ranch, et l’autorisent à parler des événements. Il écrit un long article en deux parties qui est publié dans un journal de Las Vegas, et est reproduit dans plusieurs publications. Par exemple, le UFO Magazine britannique (janvier et février 2003), et le UFO Magazine américain (avril/mai et mai/juin 2003). En même temps que la publication de leur livre au début de cette année, les auteurs ont aussi écrit un article dans le magazine internet Sub Rosa (N° 4, mars 2006).

 

Les observations de NIDS

 

Ainsi, qu’ont-ils trouvé ? Quelques mois seulement après le début de leur étude, ils sont confrontés à des incidents étranges, souvent effrayants. Comme la famille Gorman, ils observent les même boules lumineuses volantes - ou « orbes » -  mystérieuses, mais ne parviennent pas à les enregistrer clairement. Ils installent beaucoup d’équipements de surveillance et de d’enregistrement mais, chaque fois qu’ils sont sur le point de réussir, le phénomène évite le piège et cela ressemble de plus en plus à un jeu du chat et de la souris.  Comme ils le disent dans leur article de mars 2006, on dirait qu’un trickster  caché avait « quelques pas d’avance sur eux à tout moment », laissant « à l’occasion un indice sous la forme d’une carcasse de veau brutalement découpé, des traces inhabituelles dans la neige, des images excitantes dans l’infrarouge, ou la mise hors service d’équipements de surveillance, tout en ne laissant pas suffisamment de preuves physiques  qui pourraient constituer une preuve flagrante ».

 

Le « tunnel »

Le 25 août 1997, deux membres de NIDS, Jim et Mike (pseudonymes) sont en observation de nuit, au bord d’une falaise, à trente mètres au dessus de la prairie, là où des  événements étranges se sont déjà produits. Vers 2 h 30 du matin, ils commencent à apercevoir une faible lumière juste au dessus du sol, invisible à l’œil, mais visible avec de puissantes jumelles de vision nocturne, amplifiant électroniquement la lumière ambiante. C’est une lumière d’un jaune sale qui se développe pour former une sorte de « tunnel », d’environ quatre pieds (1,20 m) de diamètre. Soudain, Mike aperçoit une créature sombre, haute d’au moins six pieds (1,80 m) qui en sort en rampant et s’en éloigne en marchant, sur quoi le tunnel commence à rétrécir et disparaît rapidement. Son compagnon Jim, cependant, dit n’avoir vu que la lumière. Et bien qu’ils aient eu un équipement scientifique de mesure de radiations et de pics de magnétisme, ils n’ont réussi à rien enregistrer d’inhabituel. Ils ont pris des photos, mais « les photos étaient décevantes, ne montrant qu’une faible lumière floue sur l’une d’elles, et rien sur le reste du film ». Aussi, ils se retrouvent avec aucune preuve solide de cette vision, mais elle apporte néanmoins une indication, avec les « ouvertures » vues dans le ciel par les Gorman (que n’ont pas vu les membres de NIDS), en faveur de spéculations excitantes sur les « autres dimensions », comme on dit, qui sont longuement discutées à la fin du livre. L’une des principales observations faites par l’équipe de NIDS, cependant, celles des mutilations de bétail, nous ramènent à un aspect préoccupant de toute cette histoire.

 

Cas bien étudiés de mutilations de bétail

On sait que, depuis la fin des années 60, des milliers de cas de mutilations ont été signalés dans de nombreuses régions des Etats-Unis, du Canada et d’autres pays. Dans les années récentes, le phénomène s’est étendu largement à l’Amérique du Sud. L’état de l’Utah, et la région du bassin de Uintah, où se trouve le ranch de NIDS, ont souffert de nombreux cas de mutilations de bétail. En fait, elle a été l’une des principales régions du pays à en souffrir, et NIDS y a enquêté sur nombre de cas, en plus de ceux survenus sur le ranch.

 

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Au ranch Gorman, l’événement principal, observé directement et étudié par NIDS, a été celui d’un jeune veau, tué et mutilé le 10 mars 1997, en plein jour, pendant une brève absence de l’équipe, partie de l’autre côté d’une colline pendant moins de 45 minutes. Le cas a été entièrement étudié, gardé quelque temps sous le boisseau , puis publié sur le site web de NIDS, et il est exposé en détail dans le livre.

(ill. photos du veau mutilé sur le ranch de NIDS)

 

Le livre n’offre aucune explication sur ces mystérieuses mutilations. Cependant, sur le site web de NIDS, le Dr Kelleher a publié une étude importante sur le lien possible entre les mutilations de bétail et l’émergence d’une épidémie d’encéphalopathie spongiforme transmissible (« TSE », dont fait partie la « maladie de la vache folle ») en Amérique du Nord. Selon cette étude, il y a une curieuse coïncidence entre les zones d’extension des deux phénomènes. Kelleher spécule que l’objet de ces mutilations pourrait être la surveillance de la maladie, et aussi de nous en alerter. Une idée vient à l’esprit, cependant : pourquoi n’y a-t-il pas plus de mutilations dans les pays où cette maladie s’est le plus répandue, comme l’Angleterre ?

 

Cercle de glace, et bruits souterrains

En février 2002, alors que les divers phénomènes étranges s’étaient « réduits à peu de choses », un nouvel incident s’est produit : un cercle parfait est apparu pendant la nuit dans une mare gelée, pas très loin de la maison. Incidemment, il y a d’autres cas de formation de cercles de glace, en d’autres lieux, que l’on peut comparer aux « crop circles ». Quelle est la signification de tout cela , Quel est le « message » ?

Dans un autre chapitre, discutant d’une possible implication militaire, les auteurs signalent, curieusement, qu’ « un médium local venu sur la propriété avait déclaré que le cercle avait été produit par une technologie installée sous terre » (p. 224). C’est le moment de mentionner un autre aspect curieux de l’histoire. Les Gorman ont dit qu’ils avaient souvent entendu des bruits de grosses machines ou d’équipement métallique provenant du sous-sol. Et les propriétaires précédents les avaient avertis de ne pas creuser le sol ! (p. 224).  Rétrospectivement, il est curieux que le livre ne donne pas plus d’informations sur ces mystérieux anciens propriétaires. Ils semblaient en savoir long sur le ranch, et auraient pu aider l’étude de NIDS. A ce sujet, de tels sons bizarres ont été entendus, selon des témoins, en d’autres lieux, tels que la vallée de San Luis et la région des « Four corners ». La vallée de San Luis, située au sud du Colorado, est une autre région prééminente pour beaucoup de phénomènes étranges, en particulier les ovnis, les boules de lumière, et les mutilations de bétail. C’est là qu’eut lieu le premier cas médiatisé de mutilation, celui du petit cheval Snippy (appelé en fait Lady) en 1967. Christopher O’Brien, qui a écrit un livre sur ces événements, The Mysterious Valley (1996), cite un témoignage sur des bruits étranges, de forts bourdonnements et grondements profonds, qui ont été entendus tout près du sol, dans la zone  des Great Sand Dunes (p. 185).

 

Crédibilité de l’histoire, et question du secret

Le fait que NIDS a observé de nombreux incidents semblables à ceux rapportés par la famille Gorman  donne une haute crédibilité à toute l’histoire. Ils y a aussi des témoignages de voisins du ranch. D’un autre côté, il aurait été aussi intéressant de retrouver les anciens propriétaires du ranch et de connaître leur histoire. Des voisins qui les connaissaient pensaient qu’ils avaient, en quelque sorte, accepté ces phénomènes et appris à vivre avec eux.

 

Nous pouvons regretter, cependant, que le livre ne fournisse aucune donnée précise, scientifique, recueillie sur le ranch, telles que des enregistrements magnétiques ou même des photos des boules de lumière, ou « orbes ». En l’occurrence, il existe de nombreuse photos, fixes et vidéos, de boules de lumière liées aux « crop circles ». Alors, pourquoi pas sur le ranch de NIDS, avec tous leurs équipements sophistiqués ? Peut-être parce que, selon Tom Gorman, dès que NIDS est arrivé au ranch, les phénomènes sont devenus plus insaisissables, comme si l’ « intelligence » cachée derrière eux  était devenue plus prudente. Cependant, Colm Kelleher admet qu’ils ont des enregistrements, si bien que la question se pose : pourquoi ne les publient-ils pas ? Sont-ils classifiés ? Durant toutes ces années, l’enquête de NIDS sur le ranch est restée très confidentielle, alimentant des rumeurs de secret.

Le livre, à cause du manque de documentation précise, ne met pas fin complètement à ces rumeurs. Il est bien connu que NIDS a eu des liens étroits avec les militaires. Ceci est illustré, notablement, par la présence du colonel Alexander dans le comité scientifique, un homme ayant un long passé dans des études militaires secrètes.

 

 

 

II – Théories et spéculations : des univers parallèles ? Des phénomènes paranormaux ?

 

 

Dans leur livre, Colm Kelleher et George Knapp  s’attaquent à pas mal d’idées et spéculations qui pourraient expliquer, selon eux,  les événements étranges sur le ranch de NIDS. Deux sujets principaux sont traités :

-          premièrement, l’idée d’ « autres dimensions », et le concept d’univers « parallèles » qui ont été proposés dans plusieurs théories de physique avancée ;

-          en second lieu, la nature des êtres, ou « entités », qui sont derrière ces phénomènes étranges.

 

II-1  Univers parallèles et autres dimensions

 

Colm Kelleher et George Knapp  ont consacré une partie importante et significative de leur livre à la question des univers parallèles et « autres dimensions ». Ils se réfèrent à plusieurs théories scientifiques, qui ont été développées depuis de nombreuse années, sur l’existence d’un ou de plusieurs univers parallèles. Rappelons brièvement les principales, et voyons comment elles sont traitées dans le livre.

 

« Trous de ver », fondés sur la théorie de la Relativité générale

La théorie la plus connue est celle des « trous de ver traversables » imaginée en 1985 par le physicien américain Kip Thorne, de Cal Tech, à la demande de son ami Carl Sagan, qui l’a utilisée dans son  fameux roman Contact. Elle est fondée sur la théorie d’Einstein de la Relativité générale, et c’est une vraie spéculation scientifique faite par un physicien réputé. En quelques mots, il pourrait exister un moyen d’aller d’une partie de l’univers à une autre, ou d’un univers à un autre, parallèle, à travers un « trou » fait dans le tissu de l’espace-temps, surnommé « trou de ver », et passant à travers un « hyperespace », ou espace à quatre dimensions spatiales, comme dans ces schémas tirés du fameux livre Hyperspace du physicien Michio Kaku.

C’est un concept fascinant, mais tout le monde admet que, au mieux, nous sommes très loin de pouvoir en fabriquer un.  Il nécessiterait, pour commencer, une quantité colossale d’énergie « exotique » ou « négative », rien que pour le maintenir ouvert, et personne ne sait comment cela pourrait être fait, bien que ce soit devenu un moyen standard de transport spatial dans les films de science-fiction. Il faudrait aussi que notre univers soit « courbe » (la courbure de l’espace dans la théorie d’Einstein), mais toutes les observations astronomiques suggèrent que, apparemment, il est plat !

Trou de ver et espace courbe (Scientific American)

 

 

Il vaut la peine de noter ici, cependant, que le physicien Eric Davis, qui a travaillé pour NIDS, a écrit un texte de conférence donnée au symposium du Mufon de 2001, intitulé « Trous de ver et portes des étoiles : creuser des tunnels dans notre  environnement cosmique » (Wormholes-Stargates : tunneling through the cosmic neighborhood ). Dans ce texte, Davis décrit audacieusement ce que pourrait être un trou de ver, et semble confiant que nous pourrions en réaliser un, un jour, en puisant dans une source d’énergie fantastique, surnommée l’ « énergie du point zéro » ( Zero Point Energy ). Il note que, « Des plus de 650 cas enquêtés par NIDS, plusieurs dizaines impliquent des manifestations du type trou de ver », et il inclut dans la liste, sans surprise, les phénomènes observés sur le ranch de l’Utah.

 

Mentionnons ici qu’il y a d’autres témoignages sur des phénomènes similaires, suggérant l’ouverture de « trous » ou de « portes » vers d’autres dimensions. En voici trois exemples, très brièvement. Selon Linda Howe, dans son livre Glimpses of Other Realities (volume 1, p. 299), « certaines personnes disent avoir vu des êtres transparents, des boules de lumière, et des êtres comme des ombres ( shadow beings ) émergeant de « déchirures » ou de « trous » dans l’air de leur chambre, ou traversant les murs, les fenêtres et d’autres objets solides ». Voici le dessin de l’une de ces observations, faites en Californie par Linda Porter.

Voici un  autre exemple, d’une « porte » qui s’est ouverte dans le ciel , devant des témoins en méditation. L’un d’eux dit être entré brièvement dans le tunnel et avoir eu un aperçu d’un paysage inconnu  se trouvant à l’autre bout.

Témoignage sur la formation d’une “porte”, et aperçu d’un paysage inconnu de l’autre côté.

 

Et voici un troisième témoignage, celui-ci en relation avec les crop circles dans le Wiltshire. Selon Michael Hesemann, dans son livre Messages, dans la soirée du 9 juillet 1998, plusieurs témoins ont vu des hélicoptères poursuivre une boule de lumière à West Woods. Un autre témoin, le fermier Terry Butcher, d’Alton Barnes, a vu une sorte de tunnel s’ouvrir dans le ciel, comme si quelque chose de grandes dimensions passait au travers, puis le tunnel a disparu. Le jour suivant, un pictogramme a été découvert près d’Alton Barnes (pp. 77 à, 80 de l’édition française).

 

Théorie du « vide polarisable »

Eric Davis mentionne également une « théorie alternative de la gravitation » proposée par le physicien américain Harold Puthoff. C’est « une interprétation de la relativité générale, qui traite le vide comme un milieu polarisable » (PV, « polarizable-vacuum »). Selon Davis,  ce modèle PV est « la seule théorie alternative de la gravitation qui a été utilisée avec succès pour expliquer certaines caractéristiques et performances, physiques, anti-physiques et physiologiques » rapportées dans des observations d’ovnis. 

 

Ces théories sont également évoquées dans le livre de Kelleher et Knapp, mais ceux-ci semblent plutôt favorables à un autre concept, surnommé la théorie des univers multiples (« many worlds theory »), ou « multivers », qui dérive de l’autre pilier de la physique, la physique quantique. Incidemment, cette idée de « multivers » a été aussi promue par Jacques Vallée, membre du comité scientifique de NIDS, dans ses livres et articles.

 

Physique quantique et modèle des univers parallèles

Colm Kelleher et George Knapp présentent cette théorie, d’abord dans leur chapitre 29 « Autres mondes », et ils insistent dessus dans leur épilogue. En bref, disons que c’est probablement la théorie la plus étrange, et la plus dure à avaler, qui ait jamais été conçue dans l’histoire de la physique moderne. Elle fut proposée d’abord par Hugh Everett et John Wheeler en 1957, et elle postule que, selon la mécanique quantique,  pour citer les propres termes de l’un des promoteurs actuels de la théorie, Max Tegmark, dans Scientific American (mai 2003) : « Des processus quantiques aléatoires ont pour effet que l’univers se scinde en de multiples copies, pour chaque issue possible » («Random quantum processes cause the universe to branch into multiple copies, one for each possible outcome »).

Le résultat serait l’existence d’un nombre infini d’univers parallèles, juste comme dans les séries de science-fiction Sliders et Stargate !  L’une des nombreuses questions que soulève cette théorie fantastique est de savoir s’il serait possible de passer d’un univers parallèle à un autre. En passant par un trou de ver, probablement !

 

Dans leur épilogue, Kelleher et Knapp affirment que cette théorie, qui fut d’abord très controversée, est maintenant approuvée par une majorité de physiciens : « Ce concept est connu sous le nom de multivers ou théorie des mondes multiples, et il est maintenant largement accepté dans le monde scientifique » (p. 276). Ils citent l’article déjà mentionné plus haut de Max Tegmark dans Scientific American, et d’autres physiciens réputés comme David Deutsch (dans son livre The Fabric of Reality), et Michio Kaku. En effet, Kaku semble l’approuver dans son livre Visions (1997).

 

 

 

“Multivers » avec des trous de ver, selon Kaku (Hyperspace) : couverture de Scientific American de mai 2003)

 

En fait, nombre d’autres scientifiques sont réticents vis-à-vis de cette théorie, notamment les promoteurs de la fameuse « théorie des supercordes », qui essaie de réunir les deux piliers de la physique. L’un d’eux est le jeune physicien Brian Greene, qui a écrit deux livres brillants sur ces théories, L’Univers élégant (The Elegant Universe) en 1999, et La magie du cosmos (The Fabric of the Cosmos) en 2004. Pour lui, il peut y avoir d’autres solutions, plus « économiques », pour ainsi dire, à ce paradoxe de la physique quantique. Par exemple, la théorie de la « physique non locale » du physicien britannique David Bohm. Selon Greene, il n’y a pas actuellement de théorie favorisée par une majorité de scientifiques, et le problème reste non résolu (p. 254 de son second livre). Cela dit, les théories des cordes font également une place à la possibilité de mondes parallèles !

Couverture des deux  livres de Brian Greene

 

Théories des cordes, théorie « M », et le modèle des « Branes » parallèles

Cette théorie des « cordes », ou des « supercordes », est en fait une famille de différentes théories, avec une déjà longue histoire depuis les années 60. Très brièvement une fois de plus, mentionnons l’étape la plus récente de son évolution, qui a été formulée principalement par Edward Witten, de Princeton, et qui est appelée la théorie « M ». Selon celle-ci, l’univers est fait de onze dimensions, mais nous vivons effectivement dans un monde à trois dimensions spatiales (quatre avec le temps), surnommé « Brane », diminutif de « membrane ». Cependant il y aurait peut-être une autre Brane, ou monde parallèle, qui ne nous toucherait jamais mais serait très proche de nous ! Elle se manifesterait seulement par ses effets gravitationnels. Elle pourrait expliquer le mystère de la matière manquante, ou « énergie sombre », qui est l’un des grands mystères de l’astronomie actuelle. Et, de nouveau, selon certains, il serait peut-être possible d’aller d’une membrane à une autre, en passant par un hyperespace à dix dimensions, appelé cette fois le « volume » (« the bulk »). Notons que, dans cette théorie, les deux membranes parallèles sont plates. Incidemment, cela permettrait aussi les voyages dans le temps , selon Heinrich Päs, cité dans le New Scientist (20 mai 2006). 

Selon Brian Greene et d’autres physiciens, il y a encore d’autres développements en perspective pour ces théories, par exemple la « gravitation quantique à boucles »  (« Quantum Loop Gravity ». Voir Greene, La magie du cosmos, p. 580), et peut-être de nouvelles idées dont nous n’avons pas encore entendu parler, si bien que la situation semble être très ouverte.

Quant à notre question provocante des ovnis « inter-dimensionnels » et phénomènes apparentés, le dernier mot semble être , à l’heure actuelle, que nous ne savons pas encore, en fait, comment ils viennent et s’en vont ! Cela étant dit, l’autre question qui continue à nous harceler est : « qui sont les auteurs de ces étranges phénomènes, et quel est leur « agenda » ? ». Comme je l’ai dit, Kelleher et Knapp présentent quelques idées qui tendent toutes à écarter l’hypothèse extraterrestre.

 

 

II – 2  Qui est là ?  Aliens,  êtres d’ « outre-monde », ou autres ?

 

Colm Kelleher et George Knapp pensent, comme beaucoup d’autres auteurs, que l’HET classique ne suffit pas pour expliquer certaines choses, et ils préfèrent des théories « paranormales » sur des êtres « d’outre-monde » (« otherwordly ») et des entités venant d’autres « dimensions ». Ainsi, ils nous ramènent à la vieille question : « ET ou pas ET ? ». Voyons leurs arguments.

 

L’HET mise en question

Dans leur chapitre 25, intitulé « Hypothèses », les auteurs commencent par cette question : « Etaient-ce des ovnis qui volaient au dessus du ranch de l’Utah, ou était-il hanté ? », et ils passent en revue diverses hypothèses. Ils écartent rapidement les canulars, les illusions, et certains phénomènes naturels inexpliqués tels que la « théorie du stress tectonique » de Michael Persinger. Ils mentionnent l’idée d’une ancienne civilisation terrestre très avancée (sans doute humaine), mais ils n’insistent pas, et je ne le fais pas non plus. Vient alors la grande question des extraterrestres, qu’ils présentent comme « le modèle le plus connu mais pas forcément le plus crédible pour expliquer les multiples phénomènes insolites » (p. 215). Il leur semble très difficile de concevoir un agenda pour un groupe de visiteurs extraterrestres, qui choisiraient un lieu de visite aussi à l’écart et éloigné. Ils se réfèrent au « modèle standard » de l’hypothèse ET, des aliens volant sur des engins spatiaux en « tôles et boulons », et ils considèrent que les événements sur le ranch « ont fourni des données insuffisantes pour soutenir ou éliminer cette hypothèse », bien que certains « collent très bien avec la description standard des ovnis ». Colm Kelleher admet qu’il a vu lui-même, avec un collègue, « un objet silencieux, très rapide, venant du nord et exécutant rapidement une boucle parfaite au dessus du centre de commande et de contrôle, avant de repartir vers le nord » (p. 216).

Ils considèrent l’idée de « sondes intelligentes «  (« smart probes ») envoyées par hypothèse à travers des distances interstellaires , mais ils l’écartent sur la base d’un test proposé dans les années 90 par l’ingénieur aérospatial Roy Dutton, qui a prétendu être capable de préciser l’endroit exact et la date d’apparition de tels phénomènes aériens anormaux. Et devinez quoi ? Le ranch de l’Utah a échoué au test ! Un autre argument des auteurs contre l’HET est que, à ce jour, personne n’a trouvé d’artefacts – physiques ou biologiques – d’origine extraterrestre prouvée. Ils écartent aussi rapidement l’hypothèse des « anciens astronautes » qui n’est, pour eux, « soutenue par aucune donnée physique ».

 

Arguments en faveur de l’HET

Eh bien, je suis désolé d’avoir à dire que je trouve ces arguments très faibles. A mon avis, il leur manque de considérer sérieusement la vaste quantité d’informations accumulées depuis soixante ans sur les ovnis, sur la bases desquelles a été construit un dossier fort et convaincant sur la présence de, non pas une, mais probablement plusieurs civilisations extraterrestres, certaines présentes, plausiblement, depuis longtemps sur notre planète. En France, un groupe de scientifiques et d’experts militaires confirmés a dit cela, très clairement, dans le « Rapport Cometa », en 1999.

Il y a de nombreuses indications sur la réalité d’engins physiques d’origine alien, fabriqués par des civilisation non-humaines avancées. Qu’il proviennent d’une planète située dans ce monde ou dans un monde « parallèle » ne change pas leur nature d’aliens réels, physiques, qui sont venus sur terre, pour quelque raison.

Il y a des témoignages forts, par exemple, sur l’accident d’un ovni près de Roswell, et peut-être d’autres, tels que le cas de Ubatuba au Brésil, où des fragments d’ovni furent recueillis et étudiés. Une première analyse révéla du magnésium très pur, avec un poids spécifique au dessus de  la normale, mais la question devint confuse lors d’analyses ultérieures aux Etats-Unis. L’histoire a été racontée par le physicien Paul Hill dans son remarquable livre Unconventional Flying Objects . Je l’ai résumée dans ce texte :

http://www.ufologie.net/htm/bourdaisebmtbf.htm

Il y a beaucoup de témoignages sur des études secrètes d’engins et de corps récupérés, et même sur des contacts avec des aliens vivants, etc. Il y a même des témoignages crédibles sur des enlèvements par des êtres non humains (incluant notamment la pose d’implants tels que ceux opérés par le Dr Roger Leir, dont certains ont été étudiés avec l’aide de NIDS !). Il y a aussi beaucoup de cas de mutilations de bétail liés à des observations d’ovnis. Il est ironique que l’équipe de NIDS ait fait de telles observations sur des mutilations sur le ranch de l’Utah et ailleurs. Une simple question est : qui aurait pu faire cela, sinon des aliens ? Des fantômes ? Des démons ? des êtres d’ « outre-monde » ? Des entités surnaturelles ?

Et, si nous allons au cœur de la question, nous devons être conscients qu’il y a beaucoup de témoignages et documents convaincants prouvant l’existence d’une politique stricte de secret sur les ovnis, menée principalement par le gouvernement américain depuis la première vague de 1947, et suivie, plus ou moins, par beaucoup d’autres pays. Il est impossible, évidemment, d’entrer ici dans plus de détails, au sujet de ces énormes dossiers.   Mais voilà que, arrivés à ce point, Kelleher et Knapp ouvrent la porte  à diverses théories, dites « paranormales », excluant les extraterrestres.

 

Des théories « paranormales » mises  en avant par les auteurs

L’idée parcourt tout le livre que les phénomènes étranges observés sur ranch de l’Utah sont de nature « paranormale ». Les auteurs se réfèrent à beaucoup d’aspects, à commencer par les vieilles légendes indiennes  telles que le mystérieux « skinwalker », comme nous l’avons déjà vu. Pour les Indiens Ute, le ranch est manifestement un lieu hanté, plein d’énergies sombres et diaboliques. Pour eux, il se trouve « sur le chemin du skinwalker », une force malveillante, à éviter. Ce sont là des croyances quasi-religieuses, surnaturelles, et l’on trouve des interprétations semblables parmi certains croyants fondamentalistes, pour qui ces manifestations doivent être l’œuvre de démons. Mais les auteurs ne s’arrêtent pas là , et se tournent vers des théories « paranormales », plus sophistiquées. Dans leur chapitre 28, intitulé « Autres dimensions », ils discutent des idées de plusieurs auteurs, les principaux étant :

- Jacques Vallée et son hypothèse d’un mystérieux « système de contrôle » tirant les ficelles depuis longtemps, avec des objectifs obscurs ;

- John Keel et sa non moins mystérieuse théorie des « ultraterrestres », quelle qu’en soit la signification ;

- Patrick Harpur et son intriguant concept de « Daimonic Reality » qui dérive lde la croyance des anciens Grecs dans les « daïmons » ;

- et aussi Michael Grosso et son concept de « réalité imaginale ».

 

Toutes ces idées présentent des variations autour du concept d’ « êtres inter-dimensionnels », de créatures qui ne sont pas forcément physiques, et qui ont des agendas indéchiffrables (p. 238). Remarquons ici qu’il y a une longue histoire de réflexions sur cette voie, dans les traditions ésotériques. Et qu’elles étaient présentes dès les débuts de l’ufologie, après la seconde guerre mondiale, avec des auteurs comme Meade Layne, de San Francisco, qui croyait à l’existence de « plans éthériques » (« etheric realms ») et voyait les ovnis comme des « vaisseaux éthériques » (« ether ships »)

 

En plus de cela, dans leur chapitre 30, intitulé « Mondes intérieurs », les auteurs explorent des liens possibles entre ces phénomènes et la conscience humaine, citant de nouveau Harpur, Grosso, Kenneth Ring et son étude sur les expériences proches de la mort, et ils se tournent également vers la méditation et le shamanisme. Ils mentionnent un avis du comité scientifique de NIDS sur la possible existence d’une « intelligence sensitive, précognitive et non-humaine ». Ils introduisent aussi les idées du Dr John Mack sur « d’autres dimensions et réalités » , sur des « réalités alternatives », sur des « portes vers une évolution spirituelle », et sur les expériences de « mondes internes des  experiencers  » (mot sans équivalent en français englobant plus ou moins les « contactés » et « abductés »).

 

Vers la fin du livre, ils font référence de nouveau à Jacques Vallée et à son hypothèse d’un « système de contrôle » technologiquement avancé, qui pourrait résider sur cette planète, être responsable des apparitions d’ovnis, et semble opérer pour des raisons qui restent opaques et mystérieuses. Il a peut-être « un agenda qui serait d’éduquer les sociétés humaines sur une longue période de temps » (p. 255). Les apparitions de la Vierge Marie à Fatima et à Lourdes pourraient être des exemples de productions de ce système de contrôle . Kelleher et Knapp posent cette question : « Les événements au ranch de l’Utah étaient-ils  une autre de ses productions ? »  Et ils admettent à la fin leur confusion : « C’était comme si un manipulateur cosmique avait fait une liste de tous les phénomènes obscurs (« spooky ») des temps modernes et les avait mis en scène en un seul lieu, le résultat étant un salmigondis surnaturel que personne ne pourrait croire, et encore moins comprendre » (p. 270).

 

Il y a des pages intéressantes dans ce livre, qui nous rappellent les écrits de Jacques Vallée, lequel les a visiblement influencés. Cependant, même si je pourrais souscrire à certaines de ces idées, je reste perplexe devant cette démarche générale qui semble attelée au rejet de l’HET. Ma question de base demeure : Pourquoi pas des « aliens », des êtres extraterrestres ? Si de tels êtres sont capables de maîtriser d’autres dimensions et de voyager à travers elles, cela signifie-t-il qu’ils ne sont plus des êtres physiques, d’origine extraterrestre ? Et, pourquoi ne pourrait-il pas y avoir une coexistence entre deux sortes d’entités et de phénomènes, réels et physiques, ou « surnaturels » ? Jerome Clark suggère cela, plus ou moins, dans un article de l’International UFO Reporter, intitulé « Le phénomène central et le phénomène secondaire » (IUR, Vol. 30, N° 4). Selon lui, nous devrions probablement éviter de mélanger ces deux sortes d’ « anomalies ». D’un autre côté, j’ajouterais pour ma part que beaucoup d’événements ufologiques comprennent des aspects à « haute étrangeté », dont l’affaire du ranch de l’Utah nous donne un bon exemple. Ainsi, la distinction n’est pas facile entre phénomènes physiques/réels et phénomènes surnaturels. Mon sentiment personnel, en fait, est qu’ils appartiennent tous à un seul et même monde.

 

Pour conclure ma critique du livre, je propose un coup d’œil sur les événements qui ont eu lieu sur un autre ranch, au Colorado en 1975. Ils furent étudiés par l’APRO et plusieurs scientifiques, et ils peuvent nous ouvrir une autre perspective. L’histoire est racontée en détail dans le livre de Timothy Good Alien Contact (1993), chapitre « Percée au Colorado » (« Colorado breakthrough »). Kelleher et Knapp raconten t aussi cette curieuse histoire dans leur livre.

Très brièvement, les propriétaires de ce ranch ont subi des expérience effrayantes, semblable à celles du ranch de l’Utah, telles que des créatures « Bigfoot »,  des bruits étranges, des objets en forme de disques volant lentement devant leur maison, et des mutilations de bétail. La police locale ne voulait pas entendre parler de celles-ci. Un policier leur dit qu’ils savaient ce que c’était : l’œuvre d’extraterrestres, et qu’ils ne pouvaient rien y faire ! Un soir, ils entendirent chez eux une voix parlant par le canal de leurs enceintes de télévision, disant notamment : « Attention ! Nous vous avons autorisés à rester », et leur recommandant  de se taire sur ces événements. Un autre soir, ayant remarqué des lumières dans les bois, ils allèrent voir ce qui se passait. Ils y trouvèrent deux êtres d’apparence humaine, les attendant dans la lumière. Ces êtres parlèrent au témoin principal en l’appelant pas son nom et lui dirent « Comme c’est gentil d’être venu ! ». Non loin de là, il y avait un disque posé au sol. Ils s’excusèrent pour les dérangements qu’ils avaient causés et promirent « un arrangement plus équitable », qui ne vint jamais. Ils ne lui donnèrent pas vraiment d’information sur eux-mêmes et sur leur rôle, sauf peut-être une, comme l’a dit le témoin : « La seule chose que j’ai comprise avec certitude était que la grosse entité floue, le ‘Bigfoot’, obéit aux ordres ». Ainsi, ce « Bigfoot » serait juste une sorte de création des aliens !

Selon Timothy Good , l’opinion du propriétaire du ranch du Colorado est qu’il y a une sorte d’installation alien permanente sur le ranch. Il souligne que celui-ci offre une vue parfaite sur une installation militaire voisine, et il a le sentiment qu’ils surveillent notre potentiel militaire (Good, p. 70).

Je trouve cette histoire très intéressante, quand on considère le gros dossier ovni de surveillance des installations militaires, en particulier des bases nucléaires. Quant au ranch de l’Utah étudié par NIDS, rappelons-nous que les Gorman ont entendu plusieurs fois des bruits étranges de grosses machines qui semblaient provenir du sous-sol. Etait-ce juste un autre mauvais tour du genre « skinwalker », où y avait-il quelque chose de plus ?  Que se passait-il vraiment, sur et sous le ranch de NIDS ? En  conclusion, je voudrais dire que Hunt for the Skinwalker est un livre très intéressant, mais qui laisse le lecteur perplexe, avec beaucoup de questions sans réponses.

 

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Sources des illustrations

Photos de George Knapp, et du ranch de NIDS,dans UFO Magazine (GB) de janvier et février 2003, et dans UFO Magazine (US) of de juin-juillet 2003. Sculptures Navajo de skinwalkers, dana le livre  Navajo Folk Art. The people Speak,de Chuck et Jan Rosenak (1994). Dessin d’un chupa, au Brésil, dans la revue UFO  of A.-J. Photos de mutilation sur le ranch de NIDS, et carte des cas étudiés par NIDS, dans l’étude sur le site web : “Unexplained Cattle Deaths and the Emergence of a Transmissible Spongiform Encephalopathy (TSE) Epidemic in North America”. Dessin de Linda Porter, dans le livre de Linda Howe, Glimpses of Other Realities, vol. 1.  Dessins de “trous de ver” : dans  le livre de Michio Kaku Hyperspace (1994);  Scientific American, vol 1” N° 1 (2003), et mai 2003 ( article de Tegmark); article de Marcus Chown  avec le dessin “Time travelling in hyperspace”, dans The New Scientist du 20 mai 2006.

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