ORBS ET OVNIS : LE DOSSIER PAR JOËL MESNARD

Faut-il revoir l'ufologie? les OVNIs ont-ils changés ? un dossier passionnant sur les anomalies

Le texte brut de l'article de Joël Mesnard sur les orbes.


photos-surprises :

séparer les illusions des vrais problèmes
                                                          Joël Mesnard

 

                             _______________________________


Les photos-surprises que nous avons publiées depuis une bonne douzaine d'années, et notamment dans notre dernier numéro, soulèvent de nombreuses interrogations. Presque chaque jour, des photographes découvrent fortuitement des anomalies, de prime abord inexplicables, sur leurs clichés. Quelques uns
s'efforcent d'explorer la question, en cherchant systématiquement (trop systématiquement peut-être) à
photographier ces choses. D'autres examinent divers aspects du problème. Peu à peu, des faits commencent à se dégager, mais au stade actuel, ils ne convergent ni vers une solution unique, ni même vers un panorama simple de la question.


Chatou, le Col de Vence, Reims,
Grenoble, Gilly-sur-lsère ...
et combien d'autres ?


Qu'on le veuille ou non, la question des
photos-surprises a déjà envahi une grande partie de
l'espace ufologique. L'abondance des anomalies sur
photos est telle, aujourd'hui, qu'il nous a fallu
abandonner le procédé d'impression utilisé précédemment,
qui ne donnait plus du tout satisfaction, notamment
en raison du faible contraste de nombreuses
anomalies par rapport au ciel. Ces anomalies
présentent toute une gamme d'aspects différents,
comme le montre, par exemple, la couverture de
notre précédent numéro (1). Outre les orbes et les
brumes compactes (ou "fumées de cigare"), nous
avons des roc/s (bu "pompes à vélo"), et quantité de
formes énigmatiques que nous désignons par des
néologismes tels que "serpentoïdes", ou "lombricoïdes".
Il faut bien nommer les choses ! Certaines
(p. 39) rappellent le monstrueux assemblage de
sphères blanches filmé par Arturo Robles Gil, à
Acapulco, le 1er janvier 2006 (voir LDLN 383, p. 5).
Jonathan Giné, le fondateur du Réseau des
Orbes (2), a pu ébaucher quelques constats, à partir
des témoignages des expérimentateurs (tous des
"amateurs", au bon sens du terme) qui lui ont envoyé
des milliers de clichés : les formes observées, pour
un expérimentateur donné, semblent évoluer dans le
temps. Certains affirment même que ces phénomènes
(dont la nature reste a priori indéterminée)
deviennent de plus en plus présents dans leur
environnement, au fur et à mesure qu'ils tentent de
les capter ! D'autres, après avoir été un temps favorisés,
se trouvent subitement « en panne d'orbes »...
Il semble par ailleurs qu'un certain type d'anomalies
corresponde à chaque expérimentateur : bien
des "cigares" grisâtres, par exemple, ont en commun
un air de famille, qu'on ne retrouve ni dans les orbes,
ni dans les brumes, ni dans les petites formes
lumineuses de Reims (que le témoin affirme
distinguera l'oeil nu !), ni dans les anomalies photographiées
à Chatou, et pas davantage dans les
images obtenues, dans l'Isère, par Christina. Il y a
dans toutes ces manifestations une grande diversité.
Plus inquiétant : cette question des anomalies
sur photos déclenche, chez certaines personnes, des
comportements passionnels, irrationnels, qui rendent
la situation encore plus difficile à apprécier. Cela va
jusqu'à engendrer controverses et conflits.
Certains, négligeant de rechercher des
causes physiques, ou en sous-estimant l'importance,
interprètent aussitôt les anomalies qu'ils obtiennent.
Les considérant comme révélatrices de la présence
d'entités invisibles à l'oeil nu, ils versent dans des
convictions fantastiques et plus ou moins effrayantes,
sans en voir l'aspect simplificateur.
D'autres, au contraire, sachant que beaucoup
d'anomalies, même surprenantes, peuvent s'expliquer
par les lois de la physique, nient vigoureusement
que puissent exister des exceptions, dans lesquelles
ils ne veulent voir que fraudes ou délires. Les photos
prises par Alain Bauquet, le 27 mai, devant St Pierre
de Rome leur apportent une contradiction substantielle...
dont ils ne tiendront, bien sûr, aucun compte.
Précisons donc dans quel esprit nous
abordons la question : nous n'avons pas de convictions
particulières, et ne cherchons pas à en acquérir
à tout prix. Nous tentons seulement de débroussailler
le problème, car il semble que cela soit faisable et
utile.


les « anomalies normales »
...et les autres


Face à toutes ces curiosités, il faut d'abord
s'efforcer de déceler les causes simples, les
mécanismes physiques permettant de comprendre
certaines d'entre elles. Quelques progrès ont été
réalisés dans ce domaine, puisque nous avons déjà
appris au moins cinq choses, qui n'étaient évidentes
pour personne, il y a une quinzaine d'années, lorsque
les photos-surprises ont commencé à proliférer :
1°) Les "pastilles crantées", type Crozia, sont dues à
la technologie des appareils numériques (APN) de
première génération : l'anomalie n'est rien d'autre que
l'image du diaphragme (voir LDLN 303, pp. 34 à 37).


2°) Claude Minghelli nous a expliqué ce que sont les
images défocalisées, et le disque d'Airy présente une
structure très semblable à celle qu'on constate sur la
plupart des orbes bien détaillés (LDLN 378, pp. 43 et
44). Nicolas David vient d'aboutir à la conclusion que
cela ne résultait pas d'un phénomène de diffraction,
mais de la fabrication des lentilles asphériques


3°) Les "boules en trou de bobine" (BTB) sont de
toute évidence un effet d'optique géométrique s'ajoutant
au phénomène de défocalisation et probablement
lié à ce que les photographes appellent vignettage.
En effet, sur les photos présentant ce type
d'anomalie, on constate que l'axe de symétrie de
chaque BTB passe par le centre du champ, ou très
près de lui (LDLN 347, p. 9)


4°) L'utilisation du flash, dans une atmosphère
contenant des poussières ou de fines gouttelettes,
produit des orbes (type disque d'Airy), en quantité et
sans qu'il soit nécessaire de prendre de dispositions
particulières pour les obtenir. Ce fait est maintenant
bien connu. Il ne relève pas de l'ufologie et (hormis
les rares cas dans lesquels ces choses sembleraient
adopter des comportements intelligents) nous
n'avons plus à nous en préoccuper. Il ne permet,
d'ailleurs, d'expliquer qu'une catégorie d'anomalies :
c'est ce qu'on appelle maintenant les orbes.


5°) Le phénomène appelé flare, lié à la technologie
des APN, est la cause de taches claires, symétriques
d'une source lumineuse par rapport au centre du
champ. Il nous est expliqué dans ce numéro par
Antoine Cousyn et Gilles Morel.


Cette photo, que nous devons à M. Pawlicki, montre-t-elle
un exemple de flares ? Ce n'est pas si simple : on
remarque deux sources lumineuses dans le champ, et
quatre orbes, dont deux principaux. Mais on ne trouve
aucune symétrie par rapport au centre du champ. Il y a
donc là un problème...


Ce phénomène des flares suffit-il à expliquer
la formation de tous les orbes ? Apparemment, non,
puisque dans bien des cas, on ne trouve aucune
source lumineuse symétrique de l'anomalie par
rapport au centre du champ. (Attention : pour pouvoir
en juger de façon sûre, il faut évidemment s'assurer
que ceci soit vrai pour l'ensemble du cliché, et qu'on
n'ait pas sous les yeux un agrandissement partiel.)
D'autres tentatives d'explication semblent
plus ou moins prometteuses.


1°) Ainsi, pour les photos nocturnes montrant
ce que nous appelons de la "fumée de cigare", on a
proposé l'air exhalé par le photographe. Eclairé par le
flash, il produirait l'effet constaté, à cause de la
différence de température, et de teneur en vapeur
d'eau, avec l'air ambiant. Mais quand la chose prend,
par exemple, l'aspect d'un serpent à la gueule grande
ouverte (LDLN 397, p. 11), ou quand elle donne des
formes telles que celle-ci (également due à Christina),
on peut effectivement s'en étonner, et se demander si
le hasard des formes (3) suffit à tout expliquer.


2°) La variation d'éclairement pendant la
durée d'un flash (liée à la courbe de décharge d'un
condensateur) pourrait (peut-être) fournir une explication
à des photos telles que celle de la couverture
de LDLN 360 : des gouttelettes d'eau tombant sous
l'effet de la gravité (4) seraient d'abord éclairées
violemment au début du flash, puis avec une intensité
décroissante jusqu'au retour de l'obscurité, ce qui
donnerait une "queue" dirigée vers le bas, suggérant
un corps lumineux en ascension rapide. Cette
explication reste malgré tout à valider. En effet,
qu'elle aurait été rapide, la chute des gouttelettes,
pour que celles-ci traversent une fraction importante
du champ pendant la durée du flash !
En tout cas, cette explication ne semble pas
valable quand on cherche à l'appliquer à la photo de
couverture de LDLN 397 : d'une part, les deux
traînées lumineuses ont une densité constante sur
toute leur hauteur, et surtout, elles ne sont pas dans
le prolongement des parties les plus lumineuses de
ce qu'on voit à leur sommet.


3°) Pour les cylindres gris, à bords moins nets
aux extrémités, on peut tenter de comprendre s'ils ne
seraient pas provoqués par le passage rapide d'un
insecte (ou d'un petit oiseau) devant l'objectif. Les
appendices latéraux (disposés en quinconce ou non)
pourraient n'être que les ailes de la bête, dans une
position où elles reflètent la lumière du soleil (LDLN
398, pp. 1 et 42, 43). Tout cela n'est que supposition,
et il ne suffit pas qu'une explication soit
simple pour que ce soit la bonne. Néanmoins, c'est
une piste qui semble prometteuse.


L'an dernier, Claude Minghelli a péché sur
Internet trois images assez stupéfiantes... surtout si
elles sont authentiques. Toutes semblent avoir été
prises de nuit. Sur l'une d'elles, on voit un long bâton
blanchâtre, légèrement incurvé, avec une sorte de
forme "vaporeuse" enroulée en hélice autour de lui.
L'image est a priori très étonnante ! Toutefois,
Nicolas David en a trouvé l'explication dans un
document diffusé par History Channel : le vol d'une
abeille a été filmé simultanément par une caméra
normale et par une caméra à très grande vitesse de
répétition : on obtient exactement cet aspect de "vapeur"
enroulée en hélice sur un "bâton". Les ailes
donnent la "vapeur", le reste de la bête, le "bâton".
La seconde est plus étonnante encore, car
très nette, avec des bords parfaitement définis. C'est
ce que nous appelons « le poisson-scie ».
L'analogie avec le "cigare à quatre pattes"
est frappante dans ces deux exemples, même si les
images n'ont en commun que l'agencement général
des formes.


Une troisième photo (5) montre manifestement
le même phénomène que le poisson-scie, mais
sur une longueur moindre, et on distingue bien une
structure dans les « dents », qu'on aurait plutôt
tendance à considérer comme des ailes. Nous nous
rapprochons ainsi de l'hypothèse de l'insecte, ou du
petit oiseau. Les bords blancs du tube central (noir)
sont encore plus éclatants que dans l'image du
"poisson-scie".


De quoi s'agit-il ? Ou bien des mystificateurs
s'amusent à mettre n'importe quoi sur Internet (ce
qui, dans l'absolu, ne fait guère de doute), ou bien... il
nous reste beaucoup de choses à comprendre...


Fort heureusement, Jonathan Giné nous a
mis en relation avec M. Richard K, qui s'est penché
sur le problème des roc/s (ovnis cylindriques très
allongés). Il en a d'abord filmés. Il a ensuite analysé
ses résultats, avec une appréciable compétence technique,
et est parvenu à une conclusion : il n'avait
filmé, en fait, que des insectes en vol. Il estime
aujourd'hui que les appendices plus clairs qu'on
distingue parfois autour des cigares sont bel et bien
dus aux ailes de la bestiole (comme nous le
supposions dans notre dernier numéro, pp. 42 et 43).
Faut-il pour autant conclure que la question
des rods soit réglée en totalité ? Ce serait aller un
peu vite en besogne. Rappelons que des témoins ont
vu, à l'oeil nu, des ovnis cylindriques très allongés :
voir le cas de Saint-Cast-le-Guildo, dans LDLN 390.
quelques cas de formes effrayantes...


Sont-elles dues au hasard ?


Certaines photos (une minorité par rapport à
l'ensemble) sont tellement suggestives, qu'on est
amené à imaginer tout autre chose qu'un simple effet
physique. L' "extraterrestre/nounours" (LDLN 395, p.
39 et 396, p 43), ou bien la "tête d'alien" ci-dessous,
en sont deux exemples.


Photographiant la neige qui
tombait sur son jardin, Jean-
Claude Venturini a obtenu la
photo ci-dessus. Lorsqu'il l'a
observée attentivement, il a eu
la surprise de découvrir, dans
l'image produite par un des
flocons, cette forme qui
suggère un visage plutôt
inquiétant, avec deux longues
"cornes". S'agit-il d'un pur effet


du hasard ?


On peut en citer d'autres : le "boa" de notre
numéro 397, ou une « tête de diable » obtenue par la
même personne. Elle-même et son entourage familial
s'inquiètent (le mot est faible) de ces photos qui sont
plus ou moins perçues, à tort ou à raison, comme un
phénomène de hantise.

 

Quant à "l'homme volant" que voici, il a été photographié

le 13 avril 2010, dans le Tarn.

 

Il s'agit, comme dans les exemples précédents,
d'une photo-surprise. Répétant l'expérience
quatre jours plus tard, la même personne, en compagnie
de deux autres témoins, capta de nouvelles anomalies.
Tous trois furent surpris de constater qu'ils
pouvaient voir les formes se déplacer sur l'écran
LCD, alors qu'elles restaient invisibles à l'oeil nu.
L'une des formes captées après I' « homme
volant » montre encore une créature aérienne saisie
par le flash, mais la présence de longues antennes
dédramatise considérablement la situation : il faudrait
pouvoir solliciter l'avis d'un entomologiste...
Quant à I' « homme volant » qui paraît si
étrange (on distingue même son visage de sa
chevelure !), il n'a que des dimensions très petites par
rapport à l'ensemble du cliché. S'il avait la taille d'un
homme normal, ou même un peu moins, il se trouvait
largement hors de portée du flash. A moins que les
« hommes volants » émettent leur lumière propre (!),
on peut se demander comment celui-ci peut
apparaître si clair sur la photo. Aurait-il quelque... lien
de parenté avec la créature aux longues antennes ?
En somme, on peut résumer la situation
actuelle en disant que de très nombreuses photossurprises
s'expliquent par diverses causes naturelles
qui n'ont rien de mystérieux, tandis d'autres, pour le
moment, continuent à poser problème, et que
quelques unes seulement semblent inexplicables. Les
photos prises devant Saint-Pierre de Rome, le 27 mai
de cette année, par Alain Bauquet (voir pp. 1 et 40)
entrent à coup sûr dans cette dernière catégorie.


Faut-il encore parler d'ovnis...
ou bien s'agit-il d'autre chose ?


Laissons de côté les anomalies auxquelles on
a pu trouver une explication physique convaincante.
qu'elle soit certaine ou quasi certaine. Considérons
seulement, en ufologues que nous sommes, celles
qui, au stade actuel de l'enquête, restent
inexpliquées.


L'ufologie s'est constituée, tant bien que mal,
il y a une cinquantaine d'années, pour faire face au
problème que posaient les "apparitions de soucoupes
volantes". Quiconque a en mémoire ces choses,
telles qu'elles se présentaient alors, peut mesurer
combien les anomalies présentes sur les photossurprises
non encore expliquées diffèrent des ovnis
"en fer" des années cinquante, soixante et soixantedix.
Les deux énigmes sont-elles distinctes, ou bien
avons-nous affaire à deux facettes successives d'un
seul et même mystère ?


Les éléments disponibles ne permettent pas
de répondre de façon catégorique à cette question.
Toutefois, la seconde éventualité ne semble pas à
écarter. La raréfaction progressive des ovnis diurnes,
d'aspect métallique, et de leurs atterrissages (6),
coïncide bien dans le temps avec la montée, tout
aussi progressive, des phénomènes lumineux
observés aujourd'hui, que ce soit en vision directe ou
uniquement sur photos. En schématisant à outrance,
on peut dire que nous avons assisté, autour de la
période 1980-1990, à un passage progressif, «en
biseau », du phénomène soucoupe vers quelque
chose de plus subtil, qui présente néanmoins des
caractéristiques étonnamment comparables.
L'une de ces caractéristiques a pour
conséquence l'impossibilité à peu près totale de
porter des jugements fermes et définitifs sur les
documents, même quand une explication simple a de
grandes chances d'être la bonne. Voici un exemple,
parmi bien d'autres.


douteux « cigares »
... et tabou incontournable


Le 5 juin 2008, peu après 18 heures, une
personne (Chantal) qui voyageait, de jour, de Roissy
CDG vers Lomé, au Togo, a pris par le hublot de
l'avion, sur sa droite, des photos des nuages. L'avion
survolait alors le Niger. Sur les photos, on découvre
de fins cylindres lumineux blancs, nettement visibles
sur le bleu du ciel. Elle les a transmises au Réseau
des Orbes. On ne peut qu'être frappé par la ressemblance
de forme avec divers cas de "rods".


On remarque, malgré le contraste faible, que chaque "bâton" lumineux
constitue la petite base d'une zone trapézoïdale, légèrement
plus claire que le ciel alentour. Le "bâton" de gauche est
moins net, ce qui conforte notre hypothèse (perte de netteté de
l'image par réflexions et réfractions successives).

S'agit-il de corps extérieurs à l'avion, ou plus
simplement, du reflet de tubes fluorescents situés
dans la cabine ? A première vue, l'hypothèse des
reflets peut sembler douteuse, les tiges lumineuses
paraissant inclinées à environ 40° sur l'horizontale
(alors qu'on imagine plutôt des tubes fluorescents
parallèles à l'axe du fuselage). Toutefois, cela ne
permet pas - nous allons le voir- de conclure. En
outre, une image par réflexion sur quelque chose
d'aussi épais qu'un hublot d'avion de ligne apparaît
généralement dédoublée, quand l'incidence des
rayons lumineux sur les surfaces réfléchissantes est
importante (ce qui est le cas ici, les « tubes » étant
visibles, sur toutes les photos, près des bords du
champ).



Formation d'une image dédoublée par réflexion des rayons
lumineux sur les deux faces (dioptres) d'une vitre.


A cela s'ajoute le fait que les hublots des
avions de ligne sont « à double vitrage », et qu'une
source de lumière située dans l'avion devrait ainsi
donner non pas deux, mais quatre images principales.
Or, combien voyons-nous de cylindres sur les
photos ? Quatre, très précisément. Ce simple constat
nous invite à approfondir le problème.
Le schéma ci-dessous explique la formation
des quatre images d'une source lumineuse située
dans l'avion, par réflexion sur les quatre dioptres
constitués par les vitrages intérieur et extérieur d'un
hublot.


d est la distance de la source S au plan de la
surface interne du vitrage intérieur ; 61 et e2 sont les
épaisseurs des vitrages intérieur et extérieur ; v est
l'épaisseur du "vide" entre les deux vitrages.
Les images virtuelles 1^ et I1|2 sont formées
par réflexion sur les faces intérieure et extérieure du
vitrage intérieur. De même, I2|1 et I2,2 sont les images
formées par réflexion sur les faces du vitrage
extérieur.


La distance séparant les images I 1|2 et I 2j1
est proche de 2v pour les incidences faibles. Il suffit
que les deux vitrages aient des épaisseurs égales
pour que l'ensemble des quatre images présente une
symétrie. Si, de plus, l'épaisseur du "vide" est faible,
comparée à celle des vitrages, on obtient... la
disposition constatée sur les photos. Reste donc à
connaître l'épaisseur des vitrages, sur l'avion réel, et
celle du vide qui les sépare. (7)


De simples considérations de perspective
suffisent à expliquer pourquoi les quatre tiges
lumineuses paraissent inclinées à une quarantaine de
degrés sur l'horizontale : il suffit que dans la cabine,
le tube fluorescent soit situé à l'arrière de
l'observatrice, et plus haut que ses yeux. Même s'il
est parallèle à l'axe de l'avion, elle le verra (en
perspective) incliné, et il en sera de même des quatre
images dans le hublot.)



Un tube fluorescent horizontal, situé au plafond, en arrière (ou en
avant) d'un passager, apparaît incliné dans son champ de vision :
c'est un banal effet de perspective. Ses images virtuelles par
réflexion sur les dioptres d'un hublot sont inclinées pour la même
raison.


Autre argument en faveur de l'explication ci-dessus
: Jonathan Giné a réalisé divers post-traitements
des photos, principalement dans le but
d'augmenter le contraste. Sur l'une des photos qu'il a
ainsi obtenues, on distingue comme une structure
alvéolée entre les « cigares ». Or une photo montre
que le plafond de cabine, sur certains Airbus, n'est
pas lisse, mais présente une structure comparable,
en réseau à base carrée.


Le problème un instant posé par ces photos
est-il résolu ? Disons qu'il l'est probablement, mais on
aimerait aboutir à une certitude. Il faudrait pour cela
connaître l'épaisseur des glaces (en résine acrylique
étirée) intérieure et extérieure, celle du vide entre
elles, et finalement, vérifier in situ, qu'un tube allumé
au plafond, en arrière d'un passager, peut effectivement
produire cette illusion de « cigares ».
Ces questions n'ont rien de très compliqué, et
une enquête élémentaire permettrait sans aucun
doute de trancher définitivement. Cette enquête serat-
elle possible ? Cela paraît peu probable : dans le
climat actuel, on ne débarque pas dans les bureaux
d'une compagnie aérienne, ou chez un constructeur,
en expliquant qu'on a besoin d'un coup de main pour
résoudre un problème d'ovni ! Quant à ceux qui
auraient la possibilité d'examiner rapidement la question
(8), tout porte à croire que les infos glanées par
les ufologues ne les intéressent pas le moins du
monde. Il se pourrait donc que l'affaire ne débouche,
en fin de compte, sur aucune conclusion certaine.
Voilà comment la solution définitive d'un
problème très simple nous échappe, en raison d'un
pur tabou "scientifique", dur comme du ciment.


enquête à la source :
le constat des faits


Intrigués par l'ensemble des photos prises
par Christina (qui a notamment obtenu les deux
photos de la p. 11, dans LDLN 397, parmi des
centaines d'autres), cinq enquêteurs, dont Jonathan
Giné et Gildas Bourdais, se sont rendus dans la
région de Grenoble, les 14 et 15 mai 2010, pour se
rendre compte de la situation. Accueillis par Christina
et son mari, ils ont filmé et photographié sans
discontinuer de 22 h 30 à 5 h 30 du matin, dans la
nuit du vendredi 14 au samedi 15. Le temps était
parfaitement calme, sans le moindre souffle de vent.
Jonathan a installé dans le jardin une caméra
infrarouge (orientée, grosso modo, vers le sud-ouest)
reliée à un téléviseur situé dans la maison, sur lequel
on pouvait observer en temps réel ce que filmait la
caméra IR. Une autre caméra filmait en permanence
l'écran de télévision.
Toutes les personnes présentes ont pu
observer longuement ce que Gildas Bourdais décrit
comme « une sarabande infernale d'orbes ». C'était
comme une tempête de neige, avec des boules
traversant l'écran dans tous les sens. L'air étant
parfaitement calme, il paraît difficile de comprendre
ces déplacements très rapides et désordonnés. Il
faudrait savoir dans quelle mesure la présence des
témoins (leurs gestes, l'air qu'ils exhalent) pourrait
provoquer une forte agitation locale de l'atmosphère
devant eux.
Des accalmies alternaient avec les phases de
plus ou moins grande agitation. Les témoins ont eu
l'impression que le phénomène était plus intense
lorsque plusieurs personnes regardaient l'écran de
télé ! (Ils ne sont toutefois pas absolument affirmatifs
sur ce point : il s'agit d'une simple impression.)



deux énigmes pour le prix d'une


Ainsi donc, le fait que des images a priori
étonnantes trouvent, en fin de compte, des explications
rationnelles, ne doit pas faire oublier que pour
d'autres (notre photo de couverture en est le meilleur
exemple), on n'entrevoit actuellement aucune
solution. Il n'y a apparemment aucun inconvénient à
considérer ces dernières comme un prolongement,
une forme nouvelle, du problème OVNI tel qu'on
pouvait le percevoir il y a cinquante ans. Mais sur ce
point aussi, on ne saurait être absolument affirmatif.
Si c'est bien à un changement d'aspect d'un
même phénomène que nous sommes confrontés, on
peut noter qu'une certaine inversion des formes n'a
entraîné aucune modification de la situation : il y a
une cinquantaine d'années, nous avions des objets
solides, d'aspect métallique, qui ne se laissaient pas
prendre en photo et ne se montraient qu'à des
témoins isolés, très peu nombreux. Aujourd'hui, au
contraire, nous avons en grand nombre des phénomènes
qui sont invisibles à l'oeil nu, mais
apparaissent sur des photos que tout un chacun peut
examiner en quantité, sur le Réseau des Orbes. Dans
un cas comme dans l'autre, nous n'avons guère de
prise sur ces choses, et nous restons même
incapables d'en prouver la réalité. Autrefois, les
soucoupes disparaissaient quand on essayait de les
photographier, aujourd'hui les anomalies se laissent
contempler sur les photos, mais il est impossible de
démontrer qu'on a affaire à autre chose qu'à des
artefacts, des trucages et des phénomènes naturels
divers. Frustration hier, frustration aujourd'hui.
Incertitude dans tous les cas !


On peut même estimer que la situation de
l'ufologie s'est aggravée, car, s'il était autrefois délicat
de faire comprendre aux "sceptiques" que des
soucoupes faisaient irruption dans notre environnement,
se comportant comme des véhicules furtifs
et très performants, comment les amener, de nos
jours, à l'idée qu'évoluent autour de nous... des
"ovnis invisibles à l'oeil nu" ? Cela semble trop fou
pour être envisageable. La cause, qui était difficile à
plaider, l'est devenue bien plus encore.
Cette situation ne peut que renforcer, chez
nous, l'idée que nous avons affaire à un camouflage
très subtil, très élaboré, quasiment sans failles... et,
en même temps, improuvable. Nous avions une
énigme, et nous en avons maintenant deux : l'ancienne,
qui n'est ni résolue, ni même en voie de solution,
et la nouvelle, qui défie plus encore l'entendement.
Cette double énigme est rendue plus
complexe encore par le fait que certaines personnes,
habitées par un puissant attrait du mystère, ont tendance
à voir "des choses bizarres" à tout bout de
champ, noyant d'authentiques anomalies (les photos
de Rome)dans un océan d'interprétations subjectives.

 

des photos plutôt étonnantes :
celles du 3 juin 2010


On trouvera ces photos, au nombre de
quatre, en haut de la page 2. Leur aspect, au premier
abord, est proprement stupéfiant. Toutefois, plusieurs
éléments, dans le témoignage qui les accompagne,
laissent penser qu'il pourrait s'agir, tout simplement,
de la trajectoire d'un avion, visualisée par ses divers
feux clignotants et fixes. La disparition du gros trait
blanc, entre la deuxième et la troisième photo,
s'expliquerait par le fait que l'avion a éteint son phare
(ce que les témoins rapportent). Ne cherchons pas à
deviner si cette explication est, ou non, la bonne : elle
est en cours de vérification par des hommes de l'art.
Le temps de pose étant connu : 8 s (car nous
disposons de toutes les données exif), nous saurons
probablement si le nombre d'allumages des supposés
(doubles) clignotants est en accord avec l'hypothèse.
Il est vrai que d'autres éléments du témoignage
semblent mal s'accorder avec l'explication par
un avion. C'est le cas de cette lumière qui au début
« ne semble pas stable », selon les témoins, et
surtout de ces "disques" faiblement lumineux qu'on
voit autour du "manche à balai" (encore des « effets
indésirables » ?). La disparition subite des lumières et
du bruit renforce les légers doutes qu'on peut avoir,
de même que la netteté des contours et la parfaite
rotondité des supposées lumières clignotantes.
Deux jours avant de prendre ces photos, les
témoins avaient pris, avec le même matériel
d'excellente qualité, les autres photos de notre p. 2.
Le plus curieux est que la "tige" centrale n'est
rectiligne sur aucun cliché. Sur l'un d'eux, sa
concavité est dirigée vers le haut, et sur un autre,
vers le bas ! Drôle d'avion ! Ceux qu'on voit passer
dans le ciel ont plutôt tendance, en général, à voler
droit.
Dans cette affaire, il y a plus surprenant
encore : les mêmes témoins, au cours de la période
récente, ont photographié, de jour comme de nuit, un
grand nombre d'anomalies qui posent de sérieux
problèmes d'identification : voir p. 39. (9)


filtres infrarouges :
victoire sur les orbes !


Le 9 juin 2010, Jonathan Giné (créateur et
animateur inlassable du Réseau des Orbes) a
recueilli, auprès d'un professionnel, des informations
qui éclairent utilement le problème des orbes.
Pour les fabricants et les marchands
d'appareils numériques (apn), le phénomène des
orbes n'a jamais constitué un sujet d'émerveillement,
ni même une énigme, scientifique ou autre : c'était
avant tout une nuisance. En effet, de nombreux
utilisateurs mécontents se plaignaient d'avoir ces
drôles de "boules de lumière" sur les photos qu'ils
avaient prises au flash, et trouvaient qu'ils avaient
vraiment payé trop cher cet appareil « qui ne faisait
même pas de bonnes photos ».


Il fallait résoudre le problème, et c'est pratiquement
chose faite depuis environ deux ans : les
fabricants se sont aperçus que les capteurs CCD
étaient trop sensibles au rayonnement infrarouge, et
qu'il en résultait des « effets indésirables ».
Les appareils qu'on trouve aujourd'hui sur le
marché sont équipés de filtres infrarouges placés
devant les capteurs. Résultat : sans avoir totalement
disparu, les « effets indésirables » se sont faits
beaucoup plus discrets.
On a là, probablement, la réponse aux soucis
de ces amateurs qui se sont trouvés soudain « en
panne d'orbes » : ayant acquis un matériel conçu
pour éliminer ces effets, ils n'en obtiennent plus, ou
en moins grande quantité.
Conséquence de tout cela : pour photographier
des orbes, il faut utiliser un apn relativement
ancien, ou bien faire démonter le filtre IR placé
devant les capteurs. Mais attention : un constructeur
au moins prévient que ses appareils ne sont pas faits
pour être bricolés, et que, si vous effectuez cette
opération, vous perdez le bénéfice de la garantie.
Quant à l'origine des « effets indésirables »,
on n'obtient aucune information précise à ce sujet, de
la part des industriels ni des marchands, qui n'ont
jamais réellement cherché à communiquer sur cette
question gênante, et semblent ne pas se soucier des
causes premières.

vers une vision nouvelle
du problème ovni ?


L'idée qu'on peut se faire aujourd'hui du
phénomène OVNI, à la lumière de son évolution
récente, est plus floue, et infiniment plus complexe,
que les idées qui avaient cours il y a quarante ans. Il
n'est plus guère possible, en 2010, de tout ramener à
des véhicules furtifs venus d'ailleurs, simplement
« pour étudier » nos cailloux, nos légumes, nos
exploits technologiques, et à l'occasion, nos petites
personnes. L'imbrication mutuelle entre ce qui est
explicable et ce qui l'est moins suggère des
perspectives autrement plus fantastiques : si visiteurs
il y a, leur capacité d'imitation, de fusion dans le
paysage, leur aptitude à jouer avec les circonstances,
à créer l'ambiguïté et la confusion (et par là même, à
nous désunir), sont telles que leur existence ne
semble pas devoir s'imposer à tous, si ce n'est à très
long terme. Des visiteurs dont la présence serait plus
ou moins évidente pour une partie de la population,
mais totalement imperceptible pour le plus grand
nombre... n'est-ce pas ce à quoi nous pourrions, en
fin de compte, avoir affaire ?
Globalement, ces choses sont perçues par
beaucoup, aujourd'hui, comme plus insaisissables,
plus incompréhensibles, et pour tout dire, plus
transcendantes, qu'à la fin de la vague de 1954.
L'énigme a gagné en profondeur. Plus personne
n'attend « qu'ils se posent place de la Concorde »,
un peu comme Lindbergh au Bourget en 1927. Ce qui
se manifeste désormais pourrait être bien plus
fantastique que ça, et pourrait nous concerner à un
tout autre niveau. Même sans trop regarder du côté
des RR4, il est facile de percevoir ce changement de
perspective. Les choses commencent peut-être... à
devenir vraiment intéressantes !


Un dernier mot, à propos des anomalies sur
photos : en 1997, Claude Minghelli a pris la photo
que voici de la comète Haie Bopp.
Avant de conclure à une intrusion sournoise
d'escabeaux intersidéraux (lumineux, et à quatre
marches), laissons la parole à Claude Minghelli :
« ...cette image résulte de l'enregistrement
(en pose) des feux de position d'un avion de ligne,
ainsi que du phare ventral à éclairage intermittent.»
Répétons-le une fois encore : en matière
d'interprétation, on n'est jamais trop réservé. C'est
sur les constats (correctement étayés) et les analyses
qu'il ne faut pas craindre de se déchaîner !


Notes et références
1 : Sur l'une d'entre elles, on distingue faiblement des appendices
blancs, d'aspect vaporeux, disposés en quinconce de part et
d'autre du bâton central. Tout cela donne à l'ensemble, sur
plusieurs photos, un aspect de "cigare à quatre pattes", qui n'est
pas sans rappeler l'anomalie photographiée à Chatou le 10 juin
2007, par M. Dominique Audigier (voir couverture de LDLN 389).
2 : http://orbsresearchnetwork.forumserv.com/index.php
3 : Voir LDLN 393, pp. 36 et suivantes
4 : Les trajectoires ne sont pas nécessairement verticales,
l'atmosphère pouvant être agitée.
5 : Cette photo porte la mention « copyright 2002 Michael
Merchant »
6 : Voir les résultats du Projet Ouragan, dans LDLN 324.
7 : On trouve une vue en coupe d'un hublot d'A340 dans le manuel
de maintenance (56-21-00, page 2). Cette vue montre que les
deux panneaux ont des épaisseurs voisines, et sont séparés par un
intervalle moins épais. Ces données semblent compatibles avec
l'explication par un reflet sur quatre dioptres.
8 : La légère brisure du bord d'attaque du pylône du réacteur droit
permet de penser que l'avion est probablement un A 340, avion
fabriqué... à Toulouse, à deux minutes à pied du siège du Cnes !
9 : Dans un cas, une explication simple paraît convenir pour deux
photos prises à quelques secondes d'intervalle, de nuit, en mai
2010 : sur chacune de ces photos, on voit deux rods, blanchâtres,
qui peuvent paraître étranges au premier abord. Mais si on
compare leurs positions sur les deux clichés (où les étoiles
fournissent d'excellents repères), on constate qu'ils sont alignés
deux à deux. L'explication paraît simple : ces "rods" ne seraient
rien d'autre que les traces du passage de deux avions volant
pratiquement en sens inverses.
On remarque, près du coin supérieur droit,
une anomalie qui ressemble à une échelle à quatre
barreaux. En voici un agrandissement :
N.B. : On trouve sur Internet plusieurs contributions remarquables
à l'étude du phénomène des orbes sur photos-surprises. Voir
notamment le site assap.org, et celui du Dr Bruce Maccabee, qui
concluait, il y a près de dix ans déjà, que les orbes sont, de façon
générale, dus à la présence, très près de l'objectif, de fines
particules (solides ou liquides) ou de petits insectes.
Le site du Réseau des Orbes (voir note 2) évoque une
expérience récente qui a prouvé que le passage d'une mouche,
photographié au flash, avait produit un rod.

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